Hérépian.

Une place arborée, une rue commerçante et un carrefour emprunté par 16000 voitures par jour

Naissance du marché du siècle

Pierre Bernard est le maire d’Hérépian. Samedi matin, en compagnie de deux de ses adjoints,

Claude Belut et Richard Verlaguet, il nous a présenté une promesse électorale tenue (il y en a, vous voyez bien) : la mise en route d’un marché sur la place du village. Tout a commencé le 14 juin avec une quinzaine d’exposants ; ils sont plus de 20 aujourd’hui. Il faut dire que le lieu est magique : une place arborée, une rue commerçante à deux pas et un carrefour emprunté par près de 16 000 véhicules par jour avec parking gratuit. Du bonheur. Visite guidée

 

Dès le premier stand, Jean-Luc Maraval nous présente ses vins. Il s’agit du Domaine de Bois de Rose, à Roquessels, près de Faugères. Du rouge, du rosé et une spécialité « spéciale » à base de muscat petit grain, récolté selon la technique des vendanges tardives, juste au dernier moment. Je ne vous en dis pas plus… Quelques pas supplémentaires et nous voilà dans les fruits de Jean-François et Frédéric, venus de Péret (entre Clermont l’Hérault et Pézenas). En famille sur les marchés depuis 25 ans, ils sont les rois de la pêche, de l’abricot, de la cerise, du raisin de table et de l’aperge. Mettons nous au vert au stand suivant, où nous attendent Cédric et la charmante Célia, qui travaillent selon les règles de l’agriculture raisonnée. En bons hérépianais, ils gèrent 3000 mètres carrés de jardin et souhaitent s’agrandir. Ils ont commencé leur activité il y a six mois et enthousiasment leur clientèle, sensible à la qualité de leurs produits.

Suivons les guides. Nous voilà arrivé devant la boulangerie artisanale d’Hervé et de Mme Michel. Une cuisson au feu de bois, venue de Lézignan Corbières. Nos boulangers vendent uniquement sur les marchés : « C’est beaucoup plus convivial, on discute, on explique comment on fait. On vend aussi des produits fins, comme de la charcuterie de Lacaune ou des fromages de La Cavalerie ». Juste à côté, nous trouvons une appétissante rôtisserie au nom évocateur : Au bon Poulet. Mais il n’y a pas que du poulet : on y trouve aussi du travers de porc, des épaules d’agneau, du jambonneau et des odeurs appétissantes.

Et pour porter tout ce qu’on a acheté, un petit tour chez Baptiste : il nous propose tous types de paniers, des plateaux, des sacs de plage qu’il va chercher au Maroc, à Madagascar, au Burkina Fasso ou en Indonésie. Et tiens, maintenant qu’on a un panier, un peu de miel, chez un apiculteur récoltant de Saint Etienne d’Albagnan (près d’Olargues) : miel des Cévennes, à base de bruyère, de châtaignier, d’acacia, du pollen, de la gelée royale… Un petit trésor, à s’offrir chez Neige, qui nous propose des bijoux fantaisie de toute beauté « J’en vends de plus en plus, nous explique-t-elle, avec l’arrivée des estivants ».

Nous voilà devant un producteur de porcs venu de Murat. Oh les beaux articles ! Il nous explique qu’il élève des porcs basques, élevés en plein air, bien nourris, charcutés sans colorant, sans conservateur et sans béret… Une tradition familiale vieille de 52 ans. Thomas Roucan et son épouse ont tout appris du grand-père : le secret du boudin, des fritons, de la saucisse, du jambonneau. Un savoir faire exceptionnel vérifiable sur place (on peut goûter). Encore un petit coup pour la route, avec les vins du mas de l’Ametlier (amandier en occitan). Des vins de coteaux, de très faibles rendements, avec comme idée, la recherche de goûts ancestraux.

Pour les épices, les vraies, c’est chez Cathy, de Cazouls les Béziers ; pour l’artisanat marocain et Indonésien c’est chez Pierrick de Saint Pons ; pour l’artisanat Indien et Thaïlandais c’est chez Philippe, le grand voyageur, originaire de Colombières sur Orb. Un peu plus loin, Isabelle est créatrice de vêtements : elle les dessine et les fait réaliser dans le nord de la Thaïlande, à Chang Mai. Elle achète aussi les choses qui lui plaisent à Bangkok.

Sur le chemin du retour, nous croisons un producteur de légumes d’Olonzac, Christian Amiel. « Je produis depuis 40 ans, tout ce que je vends vient de chez moi. Je travaille sans serre, sous le label agriculture raisonnée. Je suis aussi viticulteur ». Passons au fromage. C’est du chèvre, venu de Le Buis, près de Saint Gervais sur Mare : « Un élevage à l’extérieur, en parcours, avec une traite à la main, des traditions anciennes respectées à la lettre », nous explique Nadège Nigay, la propriétaire.

Nous terminerons le parcours par celui avec qui nous aurions dû commencer, je veux parler de Claude Morales, qui vend des huîtres, des moules, des escargots de mer et des palourdes sur cette place depuis… 25 ans, et dont la réputation n’est plus à faire.

Apparemment, tous les vendeurs sont ravis de participer au lancement de ce marché. Chaque samedi, leur chiffre d’affaires s’élève, et comme le disait Christian Amiel : il n’y aura bientôt plus de place pour de nouveaux exposants…

Thierry ARCAIX. pour l'HÉRAULT DU JOUR

Contact mairie d’Hérépian : Tel. 04 67 95 04 55. Courriel : mairie.herepianarobasewanadoo.fr

 

 

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